07-01-2026 18:45 - A Monsieur le Directeur Général du Centre Hospitalier de Rosso

A Monsieur le Directeur Général du Centre Hospitalier de Rosso

OBJET : Requête d’éclaircissements sur les circonstances d’un décès.

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance d’un événement douloureux et triste survenu au Centre Hospitalier de Rosso le 08/05/2025.

En effet, ce jeudi à la date suscitée à 16 heures, je me suis présenté avec mon fils de 29 ans aux urgences de votre structure. Il souffrait d’une angine sévère et de sérieuses difficultés respiratoires.

L’inspiration bloquée au niveau du larynx occasionnait momentanément des arrêts respiratoires.

À un degré de sa souffrance, il me dit : « papa, ne peuvent-ils pas me mettre du gaz ? » (Allusion à l’oxygénation). Plusieurs fois, j’ai interpellé le cardiologue et la dame médecin sur la situation de plus en plus critique du patient qui, parfois s’évanouissait. À 23 heures 27 minutes, il nous annonça d’une voix à peine audible son bulletin de santé : sommeil, douleur atténuée, étouffements rapprochés. De nouveau interpellés, invariablement ils évoquaient une bonne saturation et un fonctionnement normal des poumons mais sans se soucier de la persistance manifeste de la difficulté respiratoire du malade.

À la dernière sortie de la dame médecin, après examen d’une boîte reliée au pouce du patient par un câble égrainant continuellement des chiffres et des ondulations, il la suivit d’un regard désespéré comme pour lui signifier qu’il l’a laissé mourir. S’en suivirent ainsi quelques minutes, il descendit de son lit, s’étira fortement, y retomba et succomba. Il faisait minuit. Nous nous retrouvâmes tous stupéfaits autour de son chevet : le cardiologue, la dame médecin, le gestionnaire et l’infirmière. M’adressant en poulâr à cette dernière, je lui ai demandé s’il est mort. Pour la réplique, elle me renvoya aux médecins. Je me retournai alors vers mon fils qui me fixa un regard d’adieu. Je pris sa tête dans mes mains et fondis en larmes « Allahou Akbar ».

En fait ce qui me trouble et m’inquiète, c’est cette réticence des médecins à assister ce patient qui luttait contre la mort, huit heures durant, pour une complication respiratoire avérée.

S’agit-il là alors d’une incompétence, d’une inexpérience, d’une négligence, d’une erreur professionnelle, d’absence de plateau médical performant ou d’un protocole incomplet ? Autant de questions auxquelles j’attends des réponses lucides et convaincantes qui, peut-être, m’édifieront et me soulageront. À défaut, je me confierai à travers les médias, aux professionnels de santé et autres pour d’éventuels commentaires et impressions.

J’apprécie cependant avec intime conviction, les qualités du cardiologue pour sa ponctualité, son assiduité, sa disponibilité et son omniprésence. Néanmoins, l’erreur et la faillibilité demeurent humaines. Deux ans environs, il suivait avec professionnalisme le défunt qui s’est présenté seul à lui le matin de ce jeudi noir.

En outre, 10 novembre 2023, me rappelle, toujours au CH Rosso, une scène quasi similaire : ma belle-mère était sous-oxygène. L’appareil débranché, on la libère aussitôt, certes prématurément sans aucune observation ni surveillance. Au rez-de-chaussée, assisse sur le chariot, autour d’elle, avec l’équipe médicale, attendions l’ambulance. Elle aimait la plaisanterie, la distraction, les conseils et les débats constructifs. Elle remercia et félicita vivement les médecins pour les services rendus. Arrivée à la porte de mon domicile, sitôt descendit, elle s’agenouilla et décéda. Nous la retournâmes précipitamment à l’hôpital où les médecins toujours en place, confirmèrent son décès. Paix à son âme. AMINE. La surprise et la déception furent sans doute extrêmes.

En définitive, mon fils est parti après avoir soufflé ses 29 bougies. Le destin brisé par la volonté d’ALLAH, je m’en réjouis (Paix à son âme AMINE). Dieu déterminera en toute impartialité la responsabilité de tout un chacun dans cette mystérieuse disparition.

Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes sentiments distingués.

SY MOUSSA MAMADOU

Fonctionnaire à la retraite

Résidant à Rosso

48633825 / 46435378





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Commentaires (1)

  • pannel (H) 07/01/2026 20:16 X

    M. SY, toutes nos condoléances. Ceux qui ont négligé une vie dans l'extrême urgence jusqu'à la mort de celle-ci, ne te répondront pas. IL FAUT PORTER PLAINTE AUPRES DU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE, ils ont refusé d'assister votre enfant sous le prétexte que personne ne peut rien faire contre eux.