06-04-2026 21:45 - La commission chargée du dialogue avec « les salafistes » recommande la libération de ceux dont le repentir a été prouvé
Sahara Medias -- La commission d’érudits chargée du dialogue avec les détenus accusés d’« extrémisme et de radicalisme » en Mauritanie a recommandé la libération de ceux dont le repentir a été prouvé et qui ne représentent plus un danger, affirmant qu’une récente série de discussions avait conduit la « grande majorité » des personnes concernées à renoncer à leurs anciennes idées.
La commission a déclaré lundi dans un communiqué que les dialogues menés, dont le dernier remonte au mois de mars dernier, se sont concentrés sur la rectification des concepts religieux et idéologiques liés aux questions de takfir, de gouvernance et de rébellion contre l’État.
Elle a ajouté qu’un grand nombre de détenus avaient annoncé leur repentir « en toute conviction », en apportant la preuve par des déclarations écrites et des enregistrements vidéo, soulignant que ces résultats confirmaient ce qu’elle a qualifié d’efficacité de l’approche fondée sur le dialogue et la persuasion dans la lutte contre l’extrémisme.
La commission a précisé que sa mission lui avait été confiée par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sous la supervision des autorités compétentes, et qu’elle visait à évaluer la situation des détenus et à suivre l’évolution de leurs positions, en vue d’intégrer ceux qui remplissent les conditions requises dans des programmes de réinsertion multidimensionnels.
Dans ses recommandations, la commission a appelé à ancrer l’approche du dialogue comme mécanisme permanent pour lutter contre les dérives idéologiques, et a proposé la création d’un organisme ou d’un centre spécialisé chargé d’assumer ce rôle de manière continue.
Elle a également insisté sur la nécessité de libérer ceux dont « la repentance a été prouvée et qui ne représentent plus de danger », estimant que cela s’inscrit dans le droit fil des dispositions légales relatives aux cas de déviation interprétative, où la personne concernée n’est plus tenue pour responsable une fois que son revirement a été établi.
Les recommandations comprenaient également un appel au renforcement de l’engagement religieux et à l’application des lois issues de la charia, considérant cela comme un facteur de sécurité et de stabilité.
Ce communiqué fait suite à une audience accordée par le président à la commission au palais présidentiel de Nouakchott le 16 mars, au cours de laquelle celle-ci a présenté les résultats de sa dernière série de dialogues avec les détenus.
