10-07-2026 13:20 - En Mauritanie, les deux députées qui ont accusé Ghazouani de discrimination ont été graciées

En Mauritanie, les deux députées qui ont accusé Ghazouani de discrimination ont été graciées

Jeune Afrique -- Le président mauritanien a accordé le 9 juillet la grâce à deux députées condamnées à quatre ans de prison. Celles-ci l’avaient accusé de sponsoriser « l’apartheid en Mauritanie »

Plus de deux mois après leur condamnation, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a gracié jeudi Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem.

Le 4 mai, au terme d’un procès sous haute surveillance sécuritaire, Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem avaient été condamnées à quatre ans de prison ferme pour avoir accusé le chef de l’État de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

La Cour avait aussi ordonné « la suppression des contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne ».

« Apartheid en Mauritanie »

Ces deux députées étaient poursuivies pour « atteinte aux symboles de l’État et diffusion de propos à caractère raciste ». Sur les réseaux sociaux, elles avaient qualifié le président Ghazouani de mentor de « l’apartheid en Mauritanie« .

Les deux femmes sont membres du parti Sawab, allié à l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), le mouvement anti-esclavagiste de Biram Dah Abeid. Officiellement aboli en 1981, l’esclavage perdure en Mauritanie, bien que les sanctions aient été durcies en 2015. En 2012, le Global Slavery Index estimait qu’entre 10 et 20 % de la population vivaient en esclavage en Mauritanie, soit jusqu’à 680 000 personnes.

(Avec AFP)



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Source : Jeune Afrique
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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 10/07/2026 15:13 X

    Bravo monsieur le président !! Vous êtes plus réfléchi que certains juges. J'ai écrit précédemment sur ce site: C'est un jugement dur pour des propos insultants. Il se comprendrait comme marque d'autorité dans un pays qui en a besoin, s'il n'était accompagné d'une remise en cause du statut personnel citoyen. Dans une république, la plupart des prisonniers continuent à pouvoir voter ! La république se confond avec les facultés statutaires de ses citoyens. C'est pour cette raison que les républiques font attention avant de neutraliser les droits civiques. La question est plus profonde que les considérations en lien avec la démocratie. Les républiques restent des républiques, qu'elles soient démocratiques ou autoritaires. La facilité à déchoir les personnes de facultés liées à leur statut personnel citoyen renvoie aux régimes royaux. Faire du chef de l'État un symbole national est une approximation qui passe encore. Mais faire des conséquences de l'outrage au président la même chose que l'outrage à un monarque en est une autre. La Mauritanie est tout juste sortie de la féodalité. La perte des droits civiques a un signifiant qui devrait davantage faire réfléchir qu'ailleurs ! La personne du président d'une république, n'est pas celle d'un roi ni même celle d'un émir régional. La vérité est qu'il n'est pas un symbole national. Il est figure symbolique de la République. Les droits civiques sont la figure concrète des attributs de la personne, dans une république. Les juges devraient faire attention !!!